Définition de la Nutrition Médicale

La dénutrition survient lorsque les apports nutritionnels (énergie, protéines, nutriments) sont insuffisants pour couvrir tous les besoins de l’organisme.

Les symptômes les plus fréquemment observés sont une perte de poids involontaire et un affaiblissement.1

Ses origines sont diverses :

    • Une diminution de l’alimentation (manque d’appétit, perte d’appétit…)
    • Un besoin en énergie et/ou en protéines plus important (dû à un cancer, une cicatrisation, une infection…) alors que l’apport nutritionnel est le même ou a diminué.

La dénutrition peut concerner toutes les tranches d’âge enfants et adultes.

La dénutrition est fréquente, progressive et fragilise dès les premiers stades.

Malheureusement elle est trop souvent diagnostiquée tardivement, mais peut être réversible si la prise en charge est précoce et adaptée au patient.

1 QNC Nutrition clinique de l’adulte 2006

Prendre en charge la dénutrition

La prise en charge de la dénutrition doit débuter préférentiellement par des conseils nutritionnels et/ou l’enrichissement de l’alimentation traditionnelle.

Pour assurer la couverture de ses besoins nutritionnels, une personne en bonne santé doit consommer au quotidien :

    • Pour une femme : entre 1800 et 2600 kcal par jour
    • Pour un homme : entre 2250 et 3400 kcal par jour

Ce qui équivaut à un besoin en calories et protéines :

    • Entre 20 et 30 kcal/kg de poids/jour
    • D’environ 1 g de protéines/kg de poids/jour

Les sujets dénutris ont des besoins accrus et c’est pourquoi, chez un sujet âgé dénutri, la HAS**recommande(2) un apport supérieur :

    • de 30 à 40 kcal/kg de poids/jour
    • de 1,2 à 1,5 g de protéines/kg de poids/jour

Si un enrichissement de l’alimentation traditionnelle n’est pas suffisant, les professionnels de santé peuvent recourir à la nutrition médicale(2)

Pour choisir le mode de prise en charge nutritionnel le plus adapté au patient, les professionnels de santé se basent sur les critères suivants :

    • Le statut nutritionnel de la personne âgée
    • Le niveau des apports alimentaires énergétiques et protéiques spontanés
    • La sévérité de la (des) pathologie(s) sous-jacente(s)
    • Les handicaps associés ainsi que leur évolution prévisible
    • L’avis du malade et/ou de son entourage ainsi que les considérations éthiques
En général :
    • L’alimentation par voie orale est recommandée en première intention sauf en cas de contre-indication.
    • La nutrition entérale (NE), ou par sonde, est envisagée si la complémentation orale est insuffisante ou impossible.
    • Quant à la nutrition parentérale, elle n’est envisagée que dans 3 situations :
    • les malabsorptions sévères anatomiques ou fonctionnelles,
    • les occlusions intestinales aigues ou chroniques,
    • la mauvaise tolérance à une nutrition entérale bien conduite.

Dans tous les cas, la stratégie et les modalités de prise en charge nutritionnelle d’une personne âgée sont établies par un professionnel de santé. Il est d’ailleurs important que le suivi de cette prise en charge soit coordonné entre le domicile et l’établissement de santé concerné (hôpital, institution…). Un professionnel est donc impliqué dans chacun de ces environnements :